Posts tagged ‘Médias’

Stib (2): Main basse et « invisible » sur les transports publics

Photo: Alice KünstlerL’irruption des portiques de « sécurité » dans ma vie quotidienne d’usagère des transports en commun bruxellois n’allait pas sans me poser question. Oui, bien sûr, ça me semblait assez normal de payer ma course. Même si, je pouvais le constater, l’ensemble des usagers ne semblait pas l’entendre de cette oreille. Dès la mise en service, les resquilleurs se pressaient déjà contre mes omoplates, parfois à la queue-leu-leu, pour franchir des entrées de métro dorénavant obligatoirement payantes. J’observais aussi l’une ou l’autre galipettes acrobatiques destinées à battre en brèche cette technologie qui ne manquait pas, non plus, de tomber en panne. J’ai vu des battants se refermer sur les tête de gosses ou sur les cannes des petits vieux, des personnes encombrées de sacs de courses s’emberlificoter… Bref… Heu… J’ai fini par me demander, plus journalistiquement parlant, si cet appareillage  constituait un investissement réellement opportun.

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Décès à la STIB (1): Revendications syndicales ou récupération politique?

Je me suis intéressée à la Stib voici environ deux semaines. Plus particulièrement aux portiques dits de « sécurité ». Là où les voyageurs pointent leurs cartes Mobib avant d’entrer dans le métro. Avec sa puce électronique, je savais qu’elles posaient également des problèmes aux défenseurs des droits de l’homme qui voient d’un mauvais oeil le pistage de leurs déplacements. En tant qu’usagère, je rencontre tous les jours pas mal de situations problématiques à ces endroits. Impliquant des resquilleurs, bien entendu, mais aussi des personnes âgées un peu perdues face à cette technologie ou encore des parents éprouvant parfois les pires difficultés à franchir ces accès avec poussettes, sacs de courses et enfants. A tout bien y zyeuter aussi, je pouvais à chaque fois y découvrir des caméras supplémentaires. Me fixant de leur oeil électronique imperturbable. Et n’étant ni fraudeuse, ni délinquante, et n’ayant aucune intention de le devenir, je me sens personnellement fort mal à l’aise vis à vis de cette surveillance permanente et généralisée. Oui, bien sûr, y’a des problèmes dans les stations de métros… Mais peut-on vraiment être sûre que, tôt ou tard, aucune autorité ne sera jamais tentée d’utiliser ces réseaux à des fins moins avouables que la prévention et la répression de la véritable délinquance? Bref, je me posais ce genre de questions quand le drame ayant entraîné le décès d’Iliaz Tahiraj est survenu et que j’avais déjà engrangé pas mal de données dont deux interviews sur le sujet. « Il s’agit d’un fait de société qui dépasse largement l’entreprise, répétait un Alain Flausch qui a dirigé l’entreprise de transport public bruxellois durant dix ans alors qu’il participait à la marche silencieuse en hommage au superviseur disparu. Il ne faut pas taper sur une Stib traumatisée par cet événement. » De fait, j’ai été également très affectée par ce décès intolérable et absurde. Ca m’a plutôt donné envie de faire davantage connaissance, à travers une série d’articles, avec cette société toujours bien publique…

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Scribouillardises (2): L’oeil effrayant de Big Brother

Les infos en provenance d’Athènes déferlent sur mon écran depuis le début de la nuit. Les images de l’immense manifestation pacifique sont rassurantes, celles des émeutes plutôt effrayantes. Comment accepter de travailler pour 480 Euros par mois alors que le niveau de vie y est sensiblement le même que dans nos régions? Tandis que leurs écoles sont au bord du gouffre et que leurs hôpitaux commencent à manquer de médicaments, les files s’allongent aux soupes populaires…  Rien d’étonnant, donc, à cette explosion de colère. Un indigné grec avait même posté un « Ici ça sent la poudre » sur Facebook deux jours avant le vote de mesures d’austérité supplémentaires: « On ne sait pas ce qu’il va se passer devant le parlement. » Y  suffisait d’attendre, donc, et de se poser devant son ordi à heure dite pour s’abreuver d’images et d’infos via les pages FB des indignés de tous bords et leurs posts vidéos sur Youtube. Au JT de 19h30, également au balcon avec en toile de fond les défilés tendus des manifestants, l’envoyé de la Rtbf apparaissait apparemment surpris par l’ampleur de la manifestation et des violences. Voire tremblotant, dans un costard plus seyant pour couvrir un vote sous les oripeaux d’un parlement que sous les gaz de fumigènes. A défaut d’atteindre le parlement sans doute, il avait bien ramené quelques images avec l’aide de son équipe mais toutes soigneusement saisies derrière un cordon policier. Pas besoin de vous faire un tableau: c’était bien plus grave que tout ce que j’avais pu, moi aussi, imaginer. Le lendemain pourtant, pas d’info ni d’image, ou si peu, ne filtrait des médias officiels. Le lendemain, la Rtbf n’avait fourni qu’un léger suivi tandis qu’un premier article, étrangement signé par Libération et qualifiant la réaction de la population grecque d’hystérique, ne paraissait dans la Libre Belgique qu’à… 12h32. Et sans aucune illustration. Le Soir lui, suivait de peu et toujours aussi discrètement.

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Emeutes à Matongé (3): La peur bleue des bandes urbaines

SunLe lendemain de la seconde journée d’émeutes, Willy Decourty, le bourgmestre d’Ixelles a bien entendu serré la vis. La porte de Namur était cernée de flics tandis que deux camionnettes occupaient ostensiblement le lieu de rassemblement habituel.  A Matongé, partout, des uniformes se mêlent à la foule: en ces jours de shopping précédents noël, les commerçants craignent bien entendu pour leurs bénéfices. La presse, quant à elle,  pointe la guérilla des bandes urbaines, source des violences et déprédations de la veille, au sein de la contestation politique. Je contourne donc, en empruntant précautionneusement la voie carrossable, un important attroupement policier cernant un groupe de jeunes. Une dizaine de congolais, mains sur la tête, alignés le long d’une vitrine. Impressionnant, sans aucun doute, dans cette frénésie commerciale. Dans les rues adjacentes, les paniers à salade attendent patiemment tandis que la police montée patrouille jusqu’à l’avenue Louise. Les chevaux se reposent dans le parc Royal, à proximité des autopompes…

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Scribouillardises (1): L’oeil effrayant de Moshe Dayan

Moshe DayanQu’est ce qu’on doit faire du journalisme aujourd’hui ? Franchement… Parfois, je me le  demande. Y’a eu comme une météorite. Ou un truc de l’ordre d’un changement climatique. Y’en a qui disent que c’est internet mais, malgré cela, je pense que ça avait déjà commencé avant. Les tirages des journaux papiers ont commencé à stagner. Puis à reculer inexorablement. Comme une grande extinction médiatique. Enfin, il reste encore quelques dinosaures, je sais les « anciens » n’aiment pas ce mot, mais plus personne, même eux, ne donnent réellement cher de leur peau.

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Edito: La transidentité pour les nuls

Pas mal de journalistes ont réalisé des articles sur les trans. Bien sûre, certains ont réussi quelques beaux reportages mais d’autres, par contre, ont commis heu… quelques impairs. Image médiatique bien souvent erronée qui nous colle pourtant à la peau. Mais peut-on réellement leur en vouloir? Comment pourrait-on saisir l’essentiel d’une réalité en l’observant de l’extérieur? N’importe quel « jeune de la rue » pourrait en dire autant de mes reportages à leur sujet. Je l’admets très aisément.  Mais voilà, il se fait que je suis non seulement journaliste mais aussi transidentitaire. Je suis bien une femme née dans un corps de garçon. Alors pourquoi ne pas allier ces deux caractéristiques pour tenter d’établir certaines vérités qui n’ont bien entendu plus aucun mystère pour moi?

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