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Dans les yeux du gorille (6): Après les bêtes, la bombe?

Photo: Linda Mondry

Je voudrais te remercier, le Singe. Parce que oui, tu m’avais dit vrai: la fin du monde n’a pas eu lieu… En apparence, comme d’hab’. Depuis le temps que j’essayais d’y entrer, dans ta vision de Singe. Et le 21, je l’ai bien senti: ma conscience de la vie en a été profondément modifiée. Bien sûr, tu m’avais déjà appris à m’unir aux énergies mais depuis… De ton monde, j’observe celui des humains. Je me sens si bien, hors de toutes ces magouilles. Et c’est vrai aussi, je possède toujours bien ma mémoire collective qui me permet de comprendre cet univers de dingues. Au contraire de toi, qui en a été blanchi.  De chez toi, tout me paraît si simple. Alors qu’en bas, tout paraissait si compliqué. Tu m’avais aussi demandé de confirmer que tu es bien l’Esprit Simple. Celui décrit comme le troisième, après le Père et le Fils? Oui je confirme, c’est un vrai bonheur et je t’ai bien reçu, cinq sur cinq.


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Carnet de chamane (1): Changer de bobine, relancer la projection

C’est vrai, je me souviens, ça n’a pas été facile de rompre ma dépendance au matériel. J’ai eu peur. Je ne comprenais pas comment ma Meilleure Amie de Toute la Terre pouvait désirer ça. Ca l’encombrait, qu’elle disait. Elle se sentait enfermée entre ces murs. De toutes façons, il fallait déménager. Alors, on a tout donné. On a commencé par appeler, les amis. Qui sont venus se servir. On l’a annoncé, autours de nous. Comme cela ne suffisait pas, on a rameuté quelques bonnes oeuvres. Des gens susceptibles d’en avoir besoin. Puis, les p’tits riens. Ensuite, on a trouvé un voisin qui aimait les plantes et qui avait un immeuble à garnir. Et avec les derniers surplus, j’ai fait le tour du quartier. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des pièces vides. Nos deux lits. Une caisse en bois, une petite table, un tabouret. Deux sacs à dos, deux sacs de voyages. Ha oui, aussi… Le gros fauteuil en cuir du chien. Elle a décroché le téléphone pour annoncer notre départ aux proprios. Qui nous ont laissé quinze jours pour partir.

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Dans les yeux du gorille (5): Je suis là devant Toi, moi la bicéphale

Où est morte de froid, la première victime de l'hiver bruxellois. 2012. Rue Haute. Photo: Linda MondryJe voudrais m’excuser envers toi, le singe. Je regrette, très sincèrement, de t’avoir traité de pleutre. Je dois bien l’admettre, j’étais assez flippée à l’idée de venir à la mer pour apprendre à voler avec toi. Alors, en bonne bicéphale et fière de l’être que j’étais, je t’ai chargé de ma propre angoisse. Histoire de ne pas assumer ma pleine et entière responsabilité. Je le regrette, et je comprends bien que cette attitude est dégueulasse. Ça doit cesser, si je veux sincèrement monter vers Dieu. Alors, je te le dis: Oui je crois bien au même Dieu que toi. Et, à chaque fois que je me retrouve face à l’inconnu, c’est à Lui que je demande de m’indiquer la voie. Il ne m’a jamais lâché. Tu m’excuseras, dès lors que je m’adresse directement à Lui.

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Bruit de manifs (1): Matongé, Bantous en lutte contre les hommes bleus

Porte de Namur, 24/11/12. Photo: Linda MondryJ’assistais à une rassemblement contre la guerre, le crime, Israélo-palestinienne. A la place Flagey, pour me détendre entre deux paragraphes, j’avais arrêté de compter les révoltés, tout comme les victimes.  Même si, je le vois bien depuis plus d’un an, à chaque manif les gens sourient moins. Les visages se font plus fatigués et les langues toujours plus tendues. Quand j’ai appris que Matongé était à nouveau en ébulition, je me suis dit qu’il ne servait à rien de courir. Les confrères et consoeurs, les collaborateurs, prendraient bien le risque d’aller tout filmer, bien avant moi, derrière un cordon policier. C’est comme ça, à chaque convocation policière. Contact direct avec une taupe, l’attaché de presse du commissariat. Allez voir au journal d’avant-hier. C’est bien, comme à leur habitude, ce qu’ils ont fait. En tous cas, à chaque fois que ça déborde. Sinon, y vienne pas. Ou presque. Cette fois-ci, heureusement, la manif n’avait pas trop mal tourné. En tous cas, c’est ce que j’ai constaté après avoir descendu une pinte et remonté la chaussée d’Ixelles.

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Noël à Bruxelles: Vie et mort d’un sapin techno-fondamentaliste

Photo: Tullio Famà14/11: C’est suite à cette pieuse et édifiante info que je me suis décidée à suivre la vie, et la mort, du sapin techno-fondamentaliste remplaçant le traditionnel arbre de noël sur la Grand-Place. Le capitalisme abattra-t-il chacun de nos rêves de communion? Ou communistes? Vous me direz qu’il vaut mieux ne pas déraciner un si bel arbre de nos forêts ardennaises pour l’installer au centre de Bruxelles… Mais face aux coûts financiers et environnementaux de fabrication, d’installation, d’exploitation, de démontage et de recyclage de cet attrape-touristes, pardon de ce joyaux des plaisirs d’hiver, je me demande à quoi pourrait ressembler le vrai sapin bio. Celui dont les épines n’auraient, éventuellement, pas été dopées aux hormones. Ne faudrait-il pas penser à l’étourdir, lui aussi, avant de l’abattre? Tout  comme les massmédias le font avec nous? Aux dernières nouvelles, les bruxellois musulmans n’étaient pas au courant. A défaut de conifère intégriste, j’ai heureusement pu me consoler en photographiant un Ultra Boom. Private joke belgo-belge. Ceci expliquant sans doute cela, souhaitons que la « crise » nous permette d’atteindre l’anniversaire de l’enfant qui, paraît-il, sommeille en chacun d’entre nous. Vivement le réveillon, joyeux Noël!

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Dans les yeux du gorille (4): Je suis là devant toi, moi, le Singe

Ma classe en 1959.

Ma classe en 1959.

Comme c’est plus fort que toi, Linda. Tes enquêtes et tes articles… Que, tu ne peux pas t’en empêcher…..Je suis là devant toi, moi, le Singe.

Je te décris comme une belle enveloppe. Celle-ci, contient une sorte de « boîte » très compliquée, qui contient ton énergie et je dis bien. J’entends tes 21 gr d’énergie prétendre avoir envie de l’ouvrir ? J’ignore pourquoi la vie te place, toi, devant moi. Esse par le fait qu’il y a deux ans, la vie t’a offert la liberté de te vivre et même de te concevoir. Née, dans un « mauvais » corps, tu as « juste » muté d’apparence physique. Les quelques clichés que j’ai pris de toi, en sont t’ils une preuve ?

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Elections 2012: Les petits partis ne s’affichent que dans l’ombre des grands

Photo: Linda MondryA l’occasion des élections communales et provinciales du 14 Octobre 2012, les grands partis usent et abusent parfois de subterfuges et de ficelles pour cadenasser l’accès à l’affichage électoral et restreindre ainsi la communication des petits partis. Pour rappel, ces partis, souvent invisibles et inconnus du grand public,  ne bénéficient pas de dotations financières publiques et ont ainsi beaucoup plus de mal à se faire entendre et toucher un plus large public. 

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Arcelor-Mittal: Apocalypse du capitalisme wallon selon saint Marx

Photo: Linda MondryFoi de bruxelloise, j’ai toujours eu un boentje journalistique pour la sidérurgie. A mes débuts dans la presse tradi, c’est tout bêtement le premier sujet dont j’ai eu à traiter. Comme je ne m’intéressais ni trop aux syndicats ni trop aux dividendes, ma rédac’chef m’avait envoyée à la rencontre des gens. Et ça tombait bien: à cette époque de la faillite des Forges de Clabecq, y’en avait carrément des dizaines de milliers à l’occasion de la marche multicolore. Les uns espéraient le maintien de l’activité tandis les autres se résignaient à sa disparition mais, quoiqu’il en soit, la Belgique entière semblait concernée par le sort de cette industrie historique. J’étais ensuite retournée dans ce monde lorsque les vies de deux ouvriers avaient été soufflées par une explosion à l’aciérie de Chertal. Là, dans un café, j’y avais rencontré un de leurs collègues noyant son chagrin dans sa bière. C’est lui, entre autres, qui avait découvert leurs corps inanimés parmi les décombres. Alors aujourd’hui, à l’heure où un plan Renault est négocié dans le bassin sidérurgique liégeois, j’ai eu envie de revoir ces haut-fourneaux qui ne se rallumeront pas. J’ai pris un ticket de train pour Pont de Seraing. Jemeppe, Sclessin, Ougrée… J’avais envie de prendre une Jup’ avec les Rouches. De retourner, à pieds, jusqu’aux Guillemins.

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Dans les yeux du gorille (3): Vol au dessus d’un nid de grand singe

Photo: Le singeLe singe m’a invitée à passer une nuit à la mer pour m’apprendre à voler, c’est ce que je m’apprêtais à annoncer à mon mec.  Ben oui… Le singe m’avait dit: « Si tu veux rencontrer Dieu, il n’y a pas d’autre moyen. » Ha bon? Et comment il faut s’y prendre? « C’est tout simple. Suffit d’utiliser les shakras et d’emboiter les squelettes. » Ben oui ben tiens… Il s’agissait, « tout simplement« , de « faire de l’énergie entre nous. » Je ne sais pas si vous imaginez la même chose que moi mais, quoiqu’il en soit, mon amoureux allait immanquablement le penser aussi. D’un côté, j’suis journaliste de terrain et vraiment trop curieuse: ça me paraît totalement dingue mais bon… Comment savoir si je ne vérifie pas? Et de l’autre, si y’a bien un truc dont je n’avais pas envie, c’était de m’engueuler avec mon gars. Je voyais mal comment espérer rencontrer Dieu, puisqu’il s’agissait de ça, en trahissant la personne que j’aime. Ca ne collait pas… L’un tentait de me convaincre tandis que l’autre me dira de me méfier. Kesskej’fais? Je ne m’en sortais pas alors, puissqu’il s’agissait de lui, j’ai directement demandé à Dieu. Finalement, dans cette position, il n’y avait qu’à lui que je pouvais faire véritablement confiance.

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« Femme de la rue » ou le reportage que l’on mérite…

Photo: Linda MondryBen wouaip! C’est vrai: il m’arrive aussi de me faire aborder boulevard Lemonnier. Pas qu’une fois, bien évidemment. Suffit, en général, d’y déambuler d’un pas non empressé. Si je n’ai pas de temps à consacrer, je me contente d’offrir un sourire subreptice et, parfois, un signe de main mais il m’arrive aussi d’être relax… Et comme je n’aime pas négliger une personne qui s’adresse à moi, ça me permet souvent d’en savoir un peu davantage. Et bon… Très souvent, il s’agit simplement de sans-papiers. Ben oui… Ils cherchent une nana et, bien sûr, la possibilité de régularisation qui l’accompagne. Mais pas seulement. A chaque fois, c’est sûr, ils vivent les souffrances et la solitude de l’exil. Je le sais bien, ce n’est jamais facile. Quand je m’arrête, en soulignant mon indisponibilité affective, ces gars me quémandent toujours quelques instants.  J’en revois même certains avec qui j’ai lié amitié. Sur un banc ou autours d’un verre, ça ne fait jamais de mal de partager nos histoires. Ils sont toujours ravis d’échanger avec une belge, « Belgo-belge » me disent-ils. Il m’arrive même d’attester de nos relations amicales pour enrichir leurs dossiers de demande d’asile. Ca m’arrive, oui. Parce-qu’on en croise des centaines, voire des milliers, de ces personnes déracinées sur le très central boulevard bruxellois jouxtant le vieux quartier Anneessens.

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Dans les yeux du gorille (2): Bicéphale et fière de l’Etre ?

Photo: Le singeLe plus embêtant avec le singe, c’est qu’il est encore plus curieux que moi. C’est moi la journaliste mais, finalement, c’est lui qui finit par me remettre en question. ‘Fin bon voilà. Quoiqu’il en soit, lors de ma dernière visite chez lui on a conclu que j’allais écrire un papier sur… la bicéphalie. Sur moi même vu que j’y suis sujette, selon lui, comme tous les êtres humains. D’après lui, c’est ça not’problème. J’dois dire que j’ai parfois quelques difficultés à le comprendre. Bon… Au début, j’avais juste besoin de me détendre un peu mais plus il me parle avec son langage de singe, même en français, plus j’ai difficile à le capter. Ca ne correspond pas à grand chose de ma perception humaine habituelle, j’avoue. Je dois, donc, toujours effectuer un effort d’auto-contemplation pour retrouver cette compréhension de moi-même. Au contraire du singe qui n’aurait pas acquis nos concepts humains, je n’aurais qu’à me souvenir de mes origines. Vu que l’homme descendrait du singe… Mais p’tain! Y’a toujours ce fameux chaînon manquant qui m’bloque! J’crois que lui aussi, y va devoir faire l’effort de me comprendre, pour me montrer comment y arriver. J’veux bien mais… Ca m’inquiète un peu. Puis bon, si j’dois être l’ambassadrice des singes chez les humains, ça lui permettra de faire de même auprès de ses congénères. D’leur expliquer pourquoi les humains savent faire autant de conneries, en gros. Parce que bon… Par moment, j’le vois bien… Il en a gros sur la patate, le singe. Lire la suite de ‘Dans les yeux du gorille (2): Bicéphale et fière de l’Etre ?’ »